Un toit en amiante est un sujet qui soulève à la fois des préoccupations sanitaires et des questions techniques. Utilisé pendant des décennies dans le domaine des toitures et des matériaux de construction, l’amiante ciment ou fibrociment était apprécié pour sa résistance aux intempéries, son étanchéité et sa durabilité. Pourtant, la présence d amiante dans ces éléments représente aujourd’hui un risque amiante avéré, notamment en raison de la libération de fibres microscopiques dangereuses pour les poumons. La réglementation impose désormais un diagnostic amiante avant toute intervention sur des toits, car ces matériaux contenant de l amiante peuvent être extrêmement dangereux.
L’histoire de l’utilisation de l’amiante dans les toitures
Pendant de nombreuses années, les fabricants ont intégré de l’amiante chrysotile dans le ciment pour produire du fibro ciment. Ces fibres d amiante permettaient de renforcer la résistance mécanique et l’isolation thermique des revêtements de toiture. Ainsi, des ardoises fibro, des plaques ondulées, des tôles galvanisées, des tuiles amiantées et d’autres produits contenant de l amiante ont été posés sur des millions de bâtiments.
Les marques comme Eternit ont largement diffusé ces matériaux de construction qui pouvaient contenir de l amiante sans que le public ne soit conscient des dangers de l amiante. Avec le temps, des études médicales ont démontré que l’inhalation de poussières d amiante pouvait provoquer des maladies graves, notamment le mésothéliome, un cancer de la plèvre, ou encore le cancer du poumon lié à l’exposition à l amiante.
Les risques liés à un toit en amiante
La problématique du toit en amiante vient du fait que ces matériaux contenant de l amiante finissent par se dégrader. Les mousses, lichens, infiltrations et fissures fragilisent la toiture fibro ciment et favorisent la dispersion des fibres microscopiques. Lors d’opérations de démoussage, de nettoyage de toiture ou de travaux de couverture, il est fréquent que des poussières d amiante soient libérées.
Ces fibres ciment une fois inhalées pénètrent profondément dans les poumons. Les maladies liées aux expositions à l amiante sont souvent cancérigènes et parfois détectées des décennies après l’exposition. C’est pourquoi tout diagnostic immobilier ou repérage amiante est obligatoire avant de rénover un toit suspecté de contenir de l amiante.
Identifier la présence d’amiante dans une toiture
Pour savoir si une toiture en ardoise, une toiture en tuiles ou un revêtement de toit est amianté, il faut faire appel à un diagnostiqueur certifié. Un diagnostic amiante ou un dossier technique amiante permet de déterminer la présence d un danger.
Ces prélèvements permettent de vérifier si les ardoises, tuiles, plaques ondulées ou dalles contiennent de l’amiante non friable ou de l’amiante friable. L’état de conservation est également analysé car un matériau friable libère plus facilement des fibres d amiante dans l’air, augmentant le niveau d’empoussièrement.
Les solutions face à un toit en amiante
Si un toit en amiante est en bon état, il peut parfois être confiné par un encapsulage avec une peinture de toiture hydrofuge ou des revêtements synthétiques. Cette technique limite la libération de fibres mais demande un suivi régulier pour s’assurer que l’isolation et l’étanchéité sont préservées.
En revanche, lorsque la toiture est trop endommagée, la seule solution durable est le désamiantage. Cette opération doit être réalisée par une entreprise spécialisée certifiée Qualibat qui dispose de l’habilitation sous section 3 ou sous section 4 selon le type de chantier. Les couvreurs équipés de protections individuelles procèdent alors à l’enlèvement des matériaux amiantés et à leur conditionnement en big bag étanches pour l’évacuation en déchetterie agréée.
Les travaux de rénovation après un désamiantage
Après un retrait d amiante, il est possible d’installer une nouvelle toiture avec des matériaux modernes tels que le bac acier, le zinc, le bitume élastomère, le polycarbonate, ou encore des ardoises naturelles et des tuiles en terre cuite. Ces travaux de rénovation permettent d’améliorer l’isolation thermique, l’étanchéité, et même d’intégrer des solutions photovoltaïques.
La réfection d’une toiture après un retrait de l amiante doit être pensée en fonction du type de toiture existante, de l’ossature, de la charpente, des fixations, des gouttières et de la zinguerie. Le coût varie selon le mètre carré et la quantité de matériaux contenant de l amiante à enlever. Pour obtenir une estimation, il est conseillé de demander un devis gratuit auprès d’une entreprise spécialisée.
Les précautions lors de l’entretien d’un toit en amiante
Un toit en amiante ne doit jamais être nettoyé avec un karcher ou une haute pression car cela favorise la libération de fibres et l’empoussièrement. L’usage de produits antimousse, de démoussage ou d’hydrofuge doit être fait avec des précautions extrêmes, et uniquement par des professionnels formés.
Les occupants d’un logement doivent éviter tout contact direct avec des plaques d amiante ou des tuiles amiantées abîmées. La meilleure protection reste de faire réaliser un repérage amiante et, en cas de présence d amiante, de planifier un traitement de l amiante ou un retrait d amiante.
Conclusion
Le toit en amiante illustre parfaitement l’héritage complexe de l’usage de l amiante dans les matériaux de construction. Longtemps perçu comme innovant, il s’avère aujourd’hui être une menace sanitaire. La rénovation de toitures contenant ce matériau est une opération coûteuse mais nécessaire pour la sécurité des occupants.
Que ce soit par confinement, encapsulage ou désamiantage, la gestion des matériaux susceptibles de contenir de l amiante doit être confiée à une entreprise spécialisée certifiée. Ainsi, un bâtiment débarrassé de ses matériaux amiantés retrouve sa durabilité, son isolation thermique, son étanchéité, et offre un cadre de vie sain et sécurisé.